A. a suivi un parcours individuel après un arrêt naturel de grossesse.
« J’avais connu AGAPA après avoir trouvé le seul livre parlant d’arrêts de grossesse sur le rayon des livres de femmes enceintes « Une fausse couche comme les autres » de Sandra Lorenzo le lendemain de mon premier arrêt de grossesse il y a trois ans, errant, désespérée, épuisée, vidée et sous le choc dans la librairie. J’avais pu participer à un atelier de rencontre pour la journée internationale du deuil périnatal quelques jours après pour confectionner une bougie et réaliser un rituel.
A ma cinquième grossesse arrêtée en juin dernier, réalisée cette fois-ci dans le cadre d’une première FIV, je me suis souvenue de la bienveillance et de l’écoute dont j’avais eu tant besoin. Je n’y arrivais plus et j’étais inconsolable. J’avais l’impression que la terre et le ciel me boudaient et que plus rien n’avait de sens. J’étais à bout.
Un accompagnement de six mois m’a été proposé et me dire « oui, je l’accepte » a été le plus beau cadeau que je me sois offert dans ma vie.
Les échanges centrés sur des étapes clefs : l’histoire personnelle, l’enfance, le lien avec ses parents, ce que représentaient mes bébés décédés, les erreurs et les fautes, mes masques, mes deuils, le pardon… J’ai cheminé comme un pèlerin tout au long de ses six mois, me donnant de la force à chaque entretien téléphonique et pour les jours qui en découlaient.
La puissance de l’écoute : elle donne à celui qui l’a reçoit la sérénité d’être comprise, entendue et considérée dans toute son authenticité. Le deuil périnatal est un traumatisme pour la femme, pour l’homme, pour les couples, pour la femme seule.
Je suis reconnaissante du soutien qui m’a été apporté dans un moment de vie où je me sentais si seule, si meurtrie…
La plaie n’a pas disparu mais elle saigne moins et cicatrise doucement. Et surtout, je vois qu’en ayant fait la démarche, c’est bel et bien moi qui la panse chaque jour. Je décide pleinement du temps que je lui accorde et si oui ou non j’ai envie de la regarder et de parler d’elle, je décide du matériel utiliser pour la toucher et la soigner. AGAPA prépare un siège où s’assoir dans un espace temps sécurisant et bienveillant pour y accorder du soin. Cela demande du courage mais accepter qu’une main vienne avec douceur et professionnalisme vous montrer comment vous pouvez vous y prendre, sans vous forcer, sans prétention d’être celui ou celle qui sait savoir ce qui est bon pour vous est soutenant.
Merci à mon écoutante bénévole de m’avoir aidée à me relever, de marcher à mon rythme et d’avoir eu le souci de dire combien les partenaires ont aussi le droit à leur tour d’être soutenus. C’est beau de voir combien les mots ont pu apaiser mes maux. Je suis aujourd’hui convaincue de pouvoir surmonter ces deuils successifs et affronter l’incertitude de la vie, alors qu’au premier jour, cela relevait pour moi de l’impossible, c’était tellement douloureux…je n’étais que souffrance. Je n’osais même plus regarder la route ou continuer à m’imaginer la poursuivre.
Merci à tous les bénévoles formés qui œuvrent pour le bien des êtres qui traversent ces temps de vie si éprouvants. J’en suis profondément reconnaissante et reste émue de voir combien la vie regorge encore de bontés que je ne pensais plus rencontrer »